L'oubli

N°2 - Janvier 2016

Phénomène physiologique et psychologique, objet philosophique, l'oubli n'a pas été ignoré des diverses sciences humaines et sociales, soucieuses d'apporter leur éclairage sur un phénomène qui alimente nombre de débats de société. Recherché ou refusé, éphémère ou durable, cet oubli constitue aujourd'hui encore un objet d'enquête pour de nombreux chercheurs venus de toutes les disciplines, aspirant à explorer les zones d'ombres des "mémoires culturelles collectives" (Assmann, 1999) et à questionner les omissions et refoulements communs, les secrets et tabous partagés. Trop souvent, cependant, ils s'y emploient sans s'affranchir des cloisonnements disciplinaires et/ou nationaux, à rebours des pétitions de principe sur l'interdisciplinarité et l'interculturalité devenues la norme des discours épistémologiques.

Interview Dana Martin

Sommaire

Dossier

Les procédés informatiques qui sous-tendent la fabrication des objets culturels sont désignés de plus en plus sous le vocable unique de "numérique" (à partir du digital des anglo-saxons, terme qu'emploient également en français les consultants et les milieux d'affaire, notamment dans l'industrie informatique). "Le" numérique recouvre ainsi un mouvement d'ampleur à travers lequel la quasi-totalité des supports qui sont les porteurs de notre culture acquiert des caractéristiques matérielles, physiques et techniques de même nature. Les procédés de fabrication des supports de la littérature, de la peinture, de la musique, puis de la photo, du cinéma... relevaient de registres singulièrement différents. 

El fenómeno del olvido puede revestir múltiples caras. Se le ha estigmatizado pero también se le ha ensalzado. En nuestra sociedad, es un punto común valorar a quien atesora una memoria prodigiosa y, al contrario, desprestigiar a quien no es capaz de retener detalles importantes o banales. Incluso ya no refiriéndonos a las personas sino a los acontecimientos, algo es "inolvidable" cuando y sólo desde que es merecedor de ser recordado. Se olvida lo que no parece tener mayor relevancia. Lo infraordinario, por decirlo en la feliz expresión de Georges Perec. Estos sucesos cotidianos son los que no deberían aparecer resaltados en las portadas de diarios porque, sencillamente, carecen de singularidad a primera vista.

En s'intéressant à l'espace de communication (Odin, 2011) incarné par les pratiques triviales (Jeanneret, 2008) autour du patrimoine culturel dans le champ familial, on peut traditionnellement opposer deux méthodes de transmission du souvenir : les pratiques de transmissions orales et l'inscription de la mémoire sur des supports tels que le texte ou l'image. 

Traditionnellement associé à la conservation, l'archiviste est représenté dans l'imaginaire collectif comme le gardien d'un temple où s'accumuleraient des secrets que seuls quelques privilégiés pourraient connaître. Dans ces conditions, comment peut-il être associé à l'oubli ? Ne serait-il pas plus légitime de l'associer à la transmission d'un savoir ou à l'élaboration d'une mémoire ? D'ailleurs, le concept d'oubli n'apparaît pas en tant que tel en archivistique française. Il n'est porté, dans un premier temps, que par des personnes extérieures aux archiveSs. Ce n'est que très récemment, alors que la notion d'oubli devient de plus en plus médiatique et que l'oubli se revendique comme un droit, que les archivistes s'en sont saisis à leur tour

 

Les archives municipales de Berlin ont conservé tous les documents produits par la Maison berlinoise du travail culturel, Berliner Haus für Kulturarbeit, qui a été fondée en janvier 1953 sous le nom de Berliner Volkskunstkabinett et dissoute en 1991. Il s'agit de rapports d'activité, de l'ensemble des lettres que les employés de cette institution se sont adressées entre eux, et des différents documents de cadrage échangés avec les autorités compétentes en matière d'action publique sur la culture en RDA : le Parti SED, le Magistrat de Berlin, c'est-à-dire l'organe qui chapeautait les différents Bezirke - quartiers - de la ville et était chargé de l'application des lois votées par la Chambre du peuple à Berlin, etc. 

Dans son ouvrage Les sept lampes de l'architecture, publié en 1849, John Ruskin (1819-1900), écrivain et critique d'art anglais, s'interroge sur l'architecture et ses finalités. L'architecture y est considérée en tant qu'art, mais également en tant que discipline à part entière, qui positionne l'homme au centre du sujet.
Pensé dans le contexte historique de crise liée à la Révolution industrielle en Angleterre au XIXe siècle, cet écrit théorique décline sept thèmes majeurs identifiés en tant que tel et tous intitulés "lampes". En ayant recours au terme de lampe pour chaque chapitre, Ruskin met en exergue la singularité de la forme de son questionnement, qui le conduit à délivrer un point de vue particulier sur l'architecture

 

En los últimos diez años, hemos podido observar en la escena literaria latinoamericana, al margen de una consolidación y diversificación de la polémicamente llamada narcoliteratura que explora el territorio de la ultra violencia cotidiana, la aparición, o el retorno, de varios personajes de detectives literarios en la ficción, figuras enigmáticas de descifradores del presente y del pasado que intentan darle sentido al caos contemporáneo a partir de un trabajo de interpretación. Muy cercanos a los detectives de la novela negra, que leen la historia a partir del crimen, los detectives literarios desenredan los hilos de tramas tejidas de memoria y de olvido y encuentran silencios y relatos que no siempre se esperaban. 

Le rapport des écrivains à l'histoire est un rapport aussi bien harmonieux ou disharmonieux que de déni. Il y a ceux qui témoignent, louent ; d'autres fuient, évitent, esquivent ; certains recherchent la neutralité et d'autres gomment l'histoire pour servir des intérêts inavoués. Deux auteurs chinois contemporains, à savoir François Cheng et Gao Xingjian, revendiquent dans leurs œuvres un devoir de mémoire vis-à-vis de l'histoire chinoise contemporaine. Selon Gao Xingjian (2004), "L'histoire porte toujours l'empreinte du pouvoir et elle est écrite et réécrite chaque fois qu'un pouvoir en remplace un autre. L'œuvre littéraire, une fois publiée ne peut être changée. [...]".

Notes de lecture

Comment les institutions religieuses utilisent les médias ? Étienne Damome tente de répondre à cette question à partir d'une étude empirique sur la radio subsaharienne depuis les années 1990. Il s'agit d'une étude sur quatre pays  de l'Afrique de l'Ouest (Bénin, Burkina Faso, Ghana et Togo) élargie à d'autres exemples de l'Afrique Centrale et de l'Afrique de l'Est.