L'oubli

Numéro 2, coordonné par

Pergia Gkouskou-Giannakou (Sciences de la communication, EA 4647 Communication et solidarité, Univ. Clermont-Ferrand II),
Grégory Goudot (Histoire, EA 1001 Centre d'Histoire Espaces et Cultures, Univ. Clermont-Ferrand II),
Dana Martin (Études germaniques, EA 4647 Communication et solidarité, Univ. Clermont-Ferrand II)

L'oubli

Ce deuxième numéro de la revue transdisciplinaire K@iros est consacré à l'oubli. La discipline invitée est l'Histoire.

Phénomène physiologique et psychologique en même temps qu'objet philosophique, l'oubli alimente nombre de débats de société, une ligne de partage se dessinant entre lutte pour et lutte contre l'oubli. Fatidique ou significatif, recherché ou refusé, éphémère ou durable, il n'a pas été ignoré des diverses sciences humaines et sociales. Loin de considérer l'oubli sous un jour purement négatif, comme défaillance de la mémoire et donc comme obstacle, les historiens considèrent qu'en celui-ci réside la condition même de la mémoire et de l'histoire, comme l'a montré la philosophie ricœurienne. Les civilisationnistes, eux, abordent traditionnellement la thématique sous l'angle de la mémoire et de la commémoration. Le travail et les lieux de mémoire (Nora, 1997) constituent un champ d'exploration vaste et fécond, que l'on n'a pas labouré sans une certaine tendance à l'harmonisation des discours et à la monopolisation intellectuelle. En tout état de cause, la mémoire reste un objet d'enquête pour de nombreux civilisationnistes, historiens, politologues et sociologues, et l'on gagnerait à éclairer les zones d'ombres des « mémoires culturelles collectives " (Assmann, 1999), ainsi qu'à questionner les amnésies collectives (omissions et refoulements communs, secrets et tabous partagés).

L'objectif poursuivi ici consiste à esquisser collectivement, et en s'affranchissant des cloisonnements disciplinaires, une cartographie identitaire de la problématique de l'oubli. Il conviendra de distinguer deux dimensions différentes : d'une part, la réalité sociale, à savoir les processus historiques et les dynamiques actuelles, et d'autre part, l'imaginaire social, c'est-à-dire la perception de cette même réalité (représentations, images) et la construction de discours collectifs (mythes, croyances, valeurs). Trois pistes de réflexion se dégagent, qui gagneraient toutefois à n'être pas explorées de manière exclusive et ne prétendent pas épuiser les possibilités de questionnements.

L'oubli, objet d'étude et défi déontologique

La première, d'ordre épistémologique, pose des questions ontologiques au chercheur, et notamment à l'historien : a-t-il pour fonction de lutter contre l'oubli ? Comment concilier attentes sociales - en particulier la participation au controversé « devoir de mémoire " - et exigences de la démarche scientifique ? Comment composer avec l'oubli, surtout dans la phase documentaire de l'opération historiographique ? D'où un possible prolongement sur les archives : incomplètes, sélectionnées, falsifiées parfois, ne sont-elles pas aussi des lieux d'oubli ? Dès lors, jusqu'à quel point celui qui les exploite est-il fabricant ou complice de l'oubli ? Quel avenir pour la science historique à l'âge de l'archivage dématérialisé, qui fait planer le risque du trou noir, tant en raison de considérations techniques que de la revendication croissante d'un « droit à l'oubli numérique " dont on reparlera plus avant ? Archivistes, documentalistes et historiens s'en inquiètent. Craignant la disparition programmée de leur matière première, certains d'entre eux souhaitent entamer une réflexion sur la préservation, l'accessibilité et le partage du patrimoine écrit et iconographique à moyen et long terme. Se pose alors la question de la responsabilité des acteurs publics et privés. À qui la charge de conserver et de diffuser quel type de documents, pour quels usagers et usages, et à quelles conditions et fins - culturelles, scientifiques, commerciales ? À qui le pouvoir de choisir les supports, de définir la mémoire (officielle) et d'établir les modalités de sa transmission ? Quelle place pour la recherche d'alternatives : valorisation des oubliés de l'histoire ou mise en valeur de l'oubli ?

La notion d'oubli signifie la disparition de la trace écrite, de l'empreinte inscrite dans une matérialité. Or, la scripturalisation d'actions non scripturales avant l'arrivée du numérique (envoyer un courrier, effectuer un achat, etc.) a pour conséquence l'enregistrement mémoriel de ces actions. Elles deviennent non seulement enregistrables et retraçables, mais aussi potentiellement indélébiles. À l'ère du big data et de l'explosion de la capacité de stockage des données et des informations, la question de l'oubli comme droit ou comme nécessité se pose tant au niveau collectif qu'individuel. Elle s'avère d'autant plus fondamentale que les changements en cours s'annoncent irréversibles et lourds de conséquences pour les générations futures.

L'oubli, un moyen de réconciliation collective ?

Une seconde piste prend en compte la dimension active d'un oubli force agissante, envisagé comme instrument de pacification au sortir d'un conflit. Guerre civile à Athènes aux IVe-Ve siècles av. J.-C., guerres de Religion du XVIe siècle, transition démocratique dans l'Espagne post-franquiste, réconciliation nationale en Algérie, furent autant de contextes d'« oubli nécessaire ", dont les autorités furent souvent le premier prescripteur. Les « institutions de l'oubli " (amnistie, prescription) garantissent-elles un oubli effectif ? Où commence l'« oubli pervers ", qui participe de stratégies de dissimulation ou d'évitement ? L'injonction d'amnésie ou l'effacement des traces institutionnelles d'un passé honteux peuvent-elles générer autre chose que le refoulement et l'enfouissement de la culpabilité dans le silence ? L'oubli peut-il être catalysé au moyen de ruptures symboliques (ainsi du nouveau calendrier révolutionnaire marquant en France la naissance de la République), d'éléments générateurs de consensus ou, a contrario, de la ruse voire du mensonge ? Que faire, enfin, du pardon ? Est-il nécessaire voire consubstantiel à l'oubli ?

Par ailleurs, les médias ont toujours joué un rôle très important entre la mémoire (élective ou non) et l'oubli en argumentant, en sélectionnant attentivement les événements historiques à promouvoir, en accentuant ou en effaçant certains aspects de ceux-ci. Comme le montre la médiatisation du souvenir du 11 septembre 2001 (Lamy, 2006), les médias deviennent des lieux commémoratifs en proposant leurs « propres règles de fonctionnement mémoriel " (Fleury-Vilatte, 2000). Aussi posons-nous la question du lien entre les médias et l'histoire à travers le traitement médiatique des événements actuels ou de la représentation médiatiques des événements du passé.

L'oubli, une quête d'affirmation individuelle ?

Nombre de ces remarques demeurent valables dans le cadre d'une troisième piste de réflexion davantage centrée sur l'individu, qui pourrait explorer, entre autres thématiques, la place de l'oubli dans l'écriture de soi, qu'il s'agisse du genre des mémoires ou, plus largement, de tous les ego-documents.

Sur le plan technologique, la nature « physique ", « inconsciente " ou « non intentionnelle " de l'oubli, telle qu'elle est décrite par la psychologie et la biologie, tend à se transformer en « revendication ", « choix ", « droit " ou « nécessité " dans les sociétés contemporaines. Dans le cas du numérique, l'oubli devient une revendication morale : le « droit à l'oubli " se situe à l'interface entre vie privée et vie publique. Sur le plan juridique, la législation encadre la durée d'exploitation des données personnelles par les professionnels de la publicité électronique, les moteurs de recherche ou les sites de réseautage social, et impose la suppression des résultats de requêtes de contenus qui ne sont plus en ligne. En outre, l'émergence de nouveaux dispositifs de communication (« Snapchat ", « Squawk Memory ", etc.) révèle une aspiration croissante à l'effacement des traces des actions communicationnelles. Dans ce contexte, comment la revendication du « droit à l'oubli " influence-t-elle les stratégies et les tactiques des acteurs, tant au niveau de l'usage qu'au niveau de la conception de médias numériques ? Comment les technologies de l'information et de la communication transforment-elles les conditions de vie et les aspirations des individus au sein des sociétés contemporaines ?

Toute collaboration entre chercheurs issus de disciplines différentes est vivement encouragée, comme le sont aussi l'ouverture sur des espaces autres que la Francophonie, notamment les pays anglo-saxons, germaniques et hispaniques, et d'éventuelles analyses comparatives. Sur le plan politique, économique et culturel, il serait intéressant de discuter la lutte pour ou contre l'oubli en termes de convergences et de contrastes, par exemple en mettant l'accent sur les régimes (démocratiques vs. totalitaires), les fractures (nord vs. sud) ou les valeurs (religieuses, idéologiques, éthiques). À cette diversité de champs d'étude pourrait être ajoutée avec profit l'analyse des spécificités propres aux (e-)diasporas (Diminescu, 2012). En tant qu'espaces transnationaux, les communautés d'expatriés sont devenus de plus en plus présents et actifs sur la toile. Particulièrement propices à l'observation de l'oubli volontaire ou involontaire, ils représentent des milieux communautaires au sein desquels les individus et les groupes développent des rapports particuliers avec les traces du temps. La conservation du passé, la réconciliation avec les souvenirs ou l'affirmation de l'oubli peuvent alors prendre un sens nouveau et aboutir à des interrogations originales.

Bibliographie

Assmann, Jan (1999), Das kulturelle Gedächtnis : Schrift, Erinnerung und politische Identität in frühen Hochkulturen. München, Beck, 344 p.
Barret-Ducrocq, Françoise (dir.) (1999), Pourquoi se souvenir ? Paris, Grasset, 316 p.
Baudelot, Christian / Jaisson, Marie (2007), Maurice Halbwachs, sociologue retrouvé. Actes de colloque, Centre Maurice Halbwachs, 01-02/12/2005 à l'École normale supérieure. Paris, Éd. Rue d'Ulm, 167 p.
Cartier, Stéphane (2004), « Le traitement médiatique des traitements dans l'histoire, entre oubli et mémoire ", Natures, Sciences, Sociétés 4 (Vol. 12), p. 439-441.
Christin, Olivier (2009), « Mémoire inscrite, oubli prescrit : la fin des guerres de religion en France ", in : Marcowitz, Rainer / Paravicini, Werner (dir.), Vergeben und Vergessen / Pardonner et oublier, Oldenbourg Verlag, p. 73-92.
Dimbath, Oliver / Heinlein, Michael (dir.) (2014), Gedächtnis, Erinnern und Vergessen im Kontext soziologischer Theorien. Wiesbaden, Springer Fachmedien Wiesbaden GmbH, 250 p.
Diminescu, Dana (dir.) (2012), e-Diaspora atlas. Ressource électronique, URL : http://www.e-diasporas.fr/ (source consultée le 09/03/14).
Dosse, François / Goldenstein Catherine (dir.) (2013), Paul Ricœur : penser la mémoire. Paris, Éditions du Seuil, 292 p.
Ferenczi Thomas (dir.) (2002), Devoir de mémoire, droit à l'oubli ? Bruxelles, Éditions Complexe, 281 p.
Fleury-Vilatte, Béatrice (2000), La mémoire télévisuelle de la guerre d'Algérie (1962-1992). Bry-sur-Marne, Institut national de l'audiovisuel. Paris / Montréal / Budapest, Harmattan, 237 p.
Fourn, François (2002), « Entre l'histoire et l'oubli : quel projet d'écriture ? ", Revue d'histoire du xixe siècle, no 25, 2002, p. 141-144, URL : http://rh19.revues.org/430 (source consultée le 09/03/14).
Galinon-Melenec, Béatrice (dir.) (2011), L'homme trace, Perspectives anthropologiques des traces contemporaines, Paris, CNRS Editions, 410 p.
Greisch, Jean (2003), « Trace et oubli : entre la menace de l'effacement et l'insistance de l'ineffaçable ", Diogène, n° 201, p. 82-106.
Jeanneret, Yves (2011), « Complexité de la notion de trace. De la traque au tracé " in : Galinon-Melenec, Béatrice (dir.), L'homme trace, Perspectives anthropologiques des traces contemporaines, Paris, CNRS Editions, 410 p.
Joutard, Philippe, « Le devoir d'oubli ", L'Histoire, no 311, juillet 2006, p. 109.
Lamy, Aurélia (2006), « Les spécificités du traitement médiatique dans l'urgence. L'exemple des attentats du 11 septembre 2001 ", Communication et Organisation, no 29, p. 108-122.
Martin, Jean-Clément, « Histoire, mémoire et oubli pour un autre régime d'historicité ", Revue d'histoire moderne et contemporaine, no 47-4, 2000, p. 783-804.
Mayer-Schönberger, Viktor (2011), Delete. The Virtue of Forgetting in the Digital Age, Princeton, Princeton University Press, 2ème édition, 249 p.
Nora, Pierre (dir.) (1997) : Les lieux de mémoire. 3 volumes. Paris, Gallimard, 4751 p.
Ricœur Paul (2000), La mémoire, l'histoire, l'oubli, Paris, Éditions du Seuil, 675 p.
Françoise Rollan (2005), « Une sélection de 90 sites web sur les diasporas ", Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Espace, Société, Territoire, document 323, URL : http://cybergeo.revues.org/3046 (source consultée le 09/03/14).
Souchier, Emmanuel (2012), « La mémoire de l'oubli : éloge de l'aliénation. Pour une poétiquede "l'infraordinaire" ", Communication & langages, n° 172, p. 3-19.
Stora, Benjamin (2008), Les Guerres sans fin. Un historien, la France et l'Algérie. Paris, Stock, 177 p.
Walter, Jacques (dir.) (2010) : Faux témoins. Bruxelles, Centre d'Études et de Documentation, Mémoire d'Auschwitz. Paris, Kimé, 234 p.

Soumission d'une proposition d'article

Proposition

  • Les propositions d'article ne doivent pas dépasser 5000 signes ;
  • Elles présenteront le titre, l'axe dans lequel s'insère de façon préférentielle cette proposition, la problématique, la méthodologie adoptée et les principaux résultats qui seront développés.
  • L'intégration d'éléments graphiques, de vidéos, photos, corpus, résultats d'enquêtes, retranscriptions d'entretiens dans les articles est bienvenue.
  • Chaque proposition d'article soumise est accompagnée de 5 mots clés, des noms, ainsi que des affiliations et adresses e-mail de tous les auteurs.

Merci d'envoyer vos propositions par courrier électronique aux trois coordinateurs :

  • georgia.gkouskou_giannakou[@]univ-bpclermont.fr
  • gregory.goudot[@]gmail.com
  • dana.martin[@]univ-bpclermont.fr

La réception de chaque proposition donnera lieu à un accusé de réception par courriel.
Les propositions d'articles seront sélectionnées en fonction de leur pertinence scientifique et de leur contribution à l'approche transdisciplinaire du dossier.

Rédaction de l'article

  • Si la proposition est retenue, la longueur de l'article final, sera de 30 à 50 000 signes, espaces non compris (ceci inclut les notes mais exclut la bibliographie).
  • Les articles peuvent être soumis en français, en espagnol, en allemand, en anglais et doivent être accompagnés d'un résumé en français, dans la langue de l'article et en en anglais.

Calendrier

  • Date limite d'envoi des propositions d'articles : 1er juin 2014
  • Notification d'acceptation ou de refus : 1er juillet 2014
  • Envoi des articles complets : 1er octobre 2014
  • Chaque article sera évalué en double aveugle par un comité de lecture indépendant.
  • Retour aux auteurs sur l'article : 1er février 2015
  • Remise de l'article final : 1er avril 2015

Membres du comité d'évaluation pour la discipline invitée

  • CARRAZ Damien, Histoire (section 21), EA 1001, Centre d'Histoire Espaces et Cultures, Univ. Clermont-Ferrand II
  • FRAY Jean-Luc, Histoire (section 21), EA 1001, Centre d'Histoire Espaces et Cultures, Univ. Clermont-Ferrand II
  • VIALLET Ludovic, Histoire (section 21), EA 1001, Centre d'Histoire Espaces et Cultures, Univ. Clermont-Ferrand II

Comité de rédaction de K@iros

ABAIDI, Mohammed-Salah, Sciences de l'Information et de la Communication (section 71)
ASPORD, Élise, Histoire de l'art (section 22)
BERNARD, Agnès, Sciences de l'Information et de la Communication (section 71)
BRASSIER-RODRIGUES, Cécilia, Sciences de l'Information et de la Communication (section 71)
GKOUSKOU-GIANNAKOU, Pergia, Sciences de l'Information et de la Communication (section 71)
GUILLAUMOND, Julien, Études anglo-saxonnes (section 11)
MARTIN, Dana, Études germaniques (section 12)
ROUQUETTE, Sébastien, Sciences de l'Information et de la Communication (section 71)
SALMON-MONVIOLA, Olivia, Études ibériques et ibéro américaines (section 14)

Résumés

English

This second issue of the transdisciplinary journal K@iros will look at the act of forgetting. The guest discipline is History.

Characterized as a physiological and psychological phenomenon while simultaneously being a philosophical question, the act of forgetting is at the core of many debates in society, a clear faultline appearing between demands for and pleas against forgetting. The work of memory and the realms of memory (Nora, 1997) represent a very large and fertile field of study which has not yet been fully researched without some tendency to harmonize discourses and intellectual monopolization. In any case, memory is a field of study for many researchers in civilization, in history, in political science and sociology, and there is a need to shed some light on grey areas of "collective cultural memories" (Assmann, 1999), as well as questioning collective amnesia. The purpose of this second issue is to map collectively, while loosening the grip and influence of scientific disciplinarity, the act of forgetting associated with multiple identities.

Here follow three areas of thought, preferably not studied exclusively, while not claiming to be all-encompassing

Forgetting considered both as a research topic and an ontological challenge
The first area of work, more of an epistemological nature, puts to the historian a series of ontological questions : is it a historian's task to fight against the act of forgetting ? How can one match social expectations - most notably participation in the duty of remembrance - with what is required as part of any scientific endeavour ? How can a historian deal with the act of forgetting, particularly when dealing with the historiographical groundwork ? Who is responsible for upkeeping and transmitting historical materials ? For what use and for whom ? To what conditions and to what ends -be they cultural, scientific or commercial ? As we are living with Big Data and the tremendous increase in storage capacity of all types of data and information, forgetting, either as a right or a necessity has taken on new relevance, both at a collective and an individual level.

Forgetting as a means of collective reconciliation ?

The second area of study considers the very active dimension of the act of forgetting, seen as an instrument of peacemaking following a conflict. Can mandatory amnesia or the deletion of institutional traces of a shameful past trigger reactions other than repressed feelings and the burial of guilt in silence ? Can the act of forgetting be catalyzed through the medium of symbolic breaks, through elements generating consensus or, on the contrary, through devices or even lies ? What about forgiveness ? Is forgiveness a helpful or even an inherent component of the act of forgetting ? Moreover, the media has played a very important role between memory - elective or not - and the act of forgetting when building its discourse on the issue, when selecting with due attention what historical events should be promoted, when stressing or downplaying some aspects of these same events.

Forgetting as a quest for individual assertion ?

Most of these remarks remain valid for the third area of study which is more narrowly focused on the individual. This third strand could look, among other research questions, at the position of the act of forgetting in the writing of the self, be it memoirs as a literary genre, or more largely, all ego-documents. In the information technology area, the act of forgetting becomes a moral claim : the "right not to be remembered" stands at the junction between private and public lives. How can ICT transform the living conditions and aspirations of individuals in contemporary societies ?
Collaboration between researchers in various scientific disciplines is strongly welcome, as are any attempts to broaden analyses to spaces other than the French-speaking world, most notably English-speaking countries, German-speaking and Spanish-speaking countries, with or without a comparative dimension. To this diversity of research fields could be usefully added an analysis of specific features of (e-)diasporas (Diminescu, 2012) which develop particular links with time's imprints. Looking after the past, reconciliation with memories or the assertion of the act of forgetting can then take onnew meanings and generate fresh questions.
The call for papers in French (extended version) with full bibliography is to be found here

Submitting your proposal

  • The abstract should not exceed 5,000 signs (about 900 words).
  • Every abstract should contain a title, indicate the selected strand, and present the methodology used and the principal results to be examined.
  • Adding graphic materials, videos, photographs, study materials, survey results, transcripts of interviews when submitting the article is much welcome.
  • Each submission should contain 5 keywords and provide names, academic affiliations and e-mail addresses of authors and co-authors.

Proposals should be sent to the following three editors

  • Dr. georgia.gkouskou_giannakou[@]univ-bpclermont.fr
  • Dr. gregory.goudot[@]gmail.com
  • Dr. dana.martin[@]univ-bpclermont.fr

After submitting a proposal, a notification will be sent via e-mail.
Proposals will be chosen according to their scientific relevance and their contribution to the transdisciplinary approach on the topic concerned.

Submitting an article implies the following

  • The length of the article should not exceed 30,000 to 50,000 signs, no spaces (including footnotes but excluding references) - about 5,500 to 9,900 words
  • Articles may be written in French, Spanish, German or English, and should be accompanied with an abstract in French, in English and in the language chosen for writing it.

Important dates

  • The deadline for proposals : 1 June 2014
  • Notification of acceptance or rejection : 1 July 2014.
  • Full draft article to be sent by : 1 October 2014
  • Each article will be blindfolded and externally peer reviewed
  • Feedback : 1 February 2015
  • Final version to be submitted by : 1 April 2015

Deutsch

Heft 2, Herausgeber

Pergia Gkouskou-Giannakou (Kommunikationswissenschaften, Forschungsgruppe EA 4647 Communication et solidarité, Univ. Clermont-Ferrand II),
Grégory Goudot (Geschichte, EA 1001 Centre d'Histoire Espaces et Cultures, Univ. Clermont-Ferrand II),
Dana Martin (Germanistik, EA 4647 Communication et solidarité, Univ. Clermont-Ferrand II)

Das Vergessen

Das zweite Heft der transdisziplinären Zeitschrift K@iros ist dem Thema Vergessen gewidmet. Gastdisziplin ist die Geschichtswissenschaft.

Das Vergessen ist nicht nur als physiologisches und psychologisches Phänomen, sondern auch als philosophisches Studienobjekt Gegenstand zahlreicher Gesellschaftsdebatten, wobei sich die einen dem Kampf für und die anderen dem Kampf gegen das Vergessen verschreiben. Die Auseinandersetzung mit der Vergangenheit und mit Erinnerungsorten (Nora, 1997) stellen ein weites und ergiebiges Forschungsfeld dar, das bislang indes nicht ohne eine gewisse Tendenz zur Vereinheitlichung der Diskurse sowie zur geistigen Monopolisierung bearbeitet wurde.

Da die Erinnerungskultur nach wie vor ein interessanter Forschungsbereich für zahlreiche Landes- und Kulturwissenschaftler, Historiker, Politikwissenschaftler und Soziologen ist, wäre es ein lohnendes Vorhaben, sowohl die Schattenseiten des « kollektiven kulturellen Gedächtnisses " (Assmann, 1999) als auch die kollektiven Amnesien einmal näher zu beleuchten. Dabei würde die angestrebte Zielsetzung darin bestehen, disziplinäre Abgrenzungen zu überwinden, um gemeinsam eine identitätsbezogene mental map der Erinnerungsproblematik zu entwerfen. Die angebotenen drei Reflexionsansätze sind als erste Denkanstöße zu verstehen, die durchaus um weitere Fragestellungen erweitert werden können und sollen.

Das Vergessen, Forschungsgegenstand und deontologische Herausforderung

Der erste Themenschwerpunkt ist epistemologischer Natur und bezieht sich auf ontologische Fragen, die insbesondere die Historiker unter den Forschern betreffen : ist es seine Aufgabe, das Vergessen zu bekämpfen ? Inwiefern sind gesellschaftliche Erwartungen - vor allem das Engagement für die umstrittene « Erinnerungspflicht " - und wissenschaftliche Ansprüche miteinander vereinbar ? Wie lässt sich der Aspekt des Vergessens in die vorbereitende Recherchearbeit historiographischer Untersuchungen einbeziehen ? Wer ist verantwortlich für die Aufbewahrung und Verbreitung verschiedenster Dokumente, für welche Nutzer und welchem Gebrauch, zu welchen Bedingungen und mit welcher Zielsetzung - zum Beispiel zu kulturellen, wissenschaftlichen, kommerziellen Zwecken ? In Zeiten von big data und der rasanten Zunahme der Speicherkapazität für Daten und Informationen stellt sich die Frage des Vergessens als Recht oder Notwendigkeit sowohl auf kollektiver als auch auf individueller Ebene.

Das Vergessen als Mittel zur kollektiven Versöhnung ?

Der zweite Themenschwerpunkt ist dem Vergessen als aktiver Prozess gewidmet, der nach Beendigung eines Konflikts als friedensstiftendes Element eingesetzt wird. Führen die Verordnung von Amnesie oder die Beseitigung institutioneller Spuren einer beschämenden Vergangenheit nicht zwangsläufig zur Verdrängung und zum Totschweigen des eigenen Schuldgefühls ? Kann das Vergessen durch symbolische Brüche, konsensorientierte Lösungen bzw. im Umkehrschluss auch durch List und Tücke oder sogar Lügen befördert werden ? Wie verhält es sich mit dem Verzeihen ? Ist es notwendiger- und grundlegenderweise mit dem Vergessen verknüpft ? Die Medien haben im übrigen stets eine wichtige Rolle bei der Vermittlung des (gesteuerten oder ungesteuerten) Erinnerns und Vergessens gespielt. So erfolgt die bewusste Auswahl, Präsentation und Gewichtung historischer Ereignisse in der Regel durch das Hervorheben oder Beiseitelassen bestimmter Teilaspekte.

Das Vergessen, ein Weg individueller Selbstdarstellung ?

Viele dieser Überlegungen betreffen auch den dritten Themenschwerpunkt, der vorwiegend dem Individuum vorbehalten sein soll. Die Bedeutung des Vergessens für das autobiographische Schreiben, sei es im Genre der Memoiren oder in Selbstzeugnissen ganz allgemein, könnte hierbei eines der zu untersuchenden Themen sein. Im digitalen Umfeld wird das Vergessen, an der Schnittstelle zwischen Privatsphäre und Öffentlichkeit, gar zu einer moralischen Forderung, nämlich der nach einem « Recht auf Vergessen ". Wie verändern die Informations- und Kommunikationstechnologien die Lebensbedingungen und -entwürfe der Individuen in der heutigen Gesellschaft ?

Jede Form der Zusammenarbeit von Forschern verschiedener Disziplinen ist ausdrücklich erwünscht. Dasselbe gilt für die Einbeziehung anderer Kulturräume als der Francophonie, insbesondere der englisch-, deutsch- und spanischsprachigen Länder, sowie für eventuell denkbare Vergleichsstudien. In politischer, wirtschaftlicher und kultureller Hinsicht könnte es interessant sein, den Kampf für oder gegen das Vergessen unter dem doppelten Gesichtspunkt von Konvergenzen und Kontrasten zu erörtern. Die Untersuchung der spezifischen Charakteristika von (e-)Diasporas (Diminescu, 2012) wäre ein weiteres ergiebiges Forschungsfeld. Die Bewahrung der Vergangenheit, die Aussöhnung mit Erinnerungen oder die Forderung nach dem Vergessen würden so nicht nur in einen neuen Bedeutungszusammenhang gestellt werden, sondern möglicherweise auch weiterführende und originelle Fragestellungen aufwerfen.

Call for papers in französischer Sprache (vollständige Version) mit Bibliographie : http://revuekairos.univ-bpclermont.fr/?-no2-2015-L-oubli-

Einsendung der Abstracts :

Beitragsvorschlag

  • Die Abstracts dürfen maximal 5000 Schriftzeichen umfassen.
  • Sie enthalten den Titel, den bevorzugten Themenschwerpunkt, die Problematik, die gewählte Methode und die wesentlichen Resultate.
  • Die Verwendung graphischer Elemente sowie die Integration von Videos, Fotos, Korpussen, Forschungsergebnissen, Gesprächstranskripten in die Artikel ist ausdrücklich erwünscht.
  • Jedem Abstract werden 5 Schlüsselwörter und die Namen, Disziplinen, e-mail-Adressen aller Autoren vorangestellt.

Bitte schicken Sie Ihr Abstract per e-mail an alle drei Herausgeber

  • georgia.gkouskou_giannakou[@]univ-bpclermont.fr
  • gregory.goudot[@]gmail.com
  • dana.martin[@]univ-bpclermont.fr

Der Empfang Ihres Beitragsvorschlags wird Ihnen per e-mail bestätigt werden.
Die Auswahlkriterien für die Artikelvorschläge sind die wissenschaftliche Qualität und die Bezugnahme auf den transdisziplinären Forschungsansatz des Dossiers.

Artikeleinreichung

  • Falls der vorgeschlagene Beitrag angenommen wird, beträgt die maximale Artikellänge zwischen 30 000 und 50 000 Zeichen ohne Leerzeichen (inklusive Fußnoten, die Bibliographie jedoch ausgenommen).
  • Alle Artikel können auf Französisch, Spanisch, Deutsch und Englisch eingereicht werden. Ergänzend ist eine Zusammenfassung auf Französisch, in der Sprache des Artikels und auf Englisch anzufertigen.

Deadlines

  • Deadline für die Abstracts : 1. Juni 2014
  • Mitteilung über die Annahme oder Ablehnung : 1. Juli 2014
  • Einreichung des Artikels : 1. Oktober 2014
  • Jeder Artikel wird einem unabhängigen Expertenkomitee zu einer Doppelblind-Evalulierung vorgelegt.
  • Rückmeldungen der Gutachter an die Autoren : 1. Februar 2015
  • Endgültige Einreichung des Artikels : 1. April 2015

Español

Número 2, coordinado por

Pergia Gkouskou-Giannakou (Sciences de la communication, EA 46 47 Communication et solidarité, Univ. Clermont-Ferrand II),
Grégory Goudot (Histoire, EA 1001 Centre d'Histoire Espaces et Cultures, Univ. Clermont-Ferrand II),
Dana Martin (Études germaniques, EA 46 47 Communication et solidarité, Univ. Clermont-Ferrand II)

El Olvido

Este segundo número de la revista transdisciplinar k@iros se centra en el olvido, siendo la Historia el ámbito al que, en esta ocasión, invitamos

Fenómeno fisiológico y psicólogico, y a la vez objeto filosófico, el olvido fomenta numerosos debates de índole social, donde es posible percibir cierta línea de separación entre la lucha por y en contra del olvido. Sin duda, el trabajo sobre la memoria, como aquellos lugares donde se preserva el recuerdo (Nora, 1997) de nuestro devenir histórico, constituyen un campo de investigación amplio y fecundo . Sin embargo, pese a los múltiples intentos que hayan podido realizarse para fomentar su estudio, todavía hoy siguen abordándose bajo una misma dinámica discursiva y con una marcada monopolización intelectual sobre ellos. En cualquier caso, la memoria sigue siendo un objeto de investigación para numerosos historiadores, politólogos y sociólogos, y es de gran utilidad que se precisen aquellas lagunas existentes en las memoria cultural colectiva y plantearnos cuáles son aquellas amnesias que urge tratar como objeto de estudio (Assmann , 1999). El fin que se persigue en este número consiste en esbozar conjuntamente, en un diálogo fructífero entre distintas disciplinas, una cartografía identitaria de la problemática del olvido. En este proceso, son tres las líneas de reflexión que se abren, y que, en cierta medida, terminarían imponiéndose a no ser que sean abordadas de forma exclusiva, en vista a poder seguir arguyendo los distintos debates que puedan surgir en su desarrollo.

El olvido, objeto de estudio y desafío deontológico

La primera cuestión que se plantea es de orden epistemológico, y conduce a los historiadores hacia la resolución de interrogantes de carácter ontológico. ¿Posee el historiador la obligación de luchar contra el olvido ? ¿Cómo puede éste conciliar las expectativas sociales, especialmente en lo atinente a su participación en el controvertido deber de conservar la memoria, y las exigencias de un planteamiento científico ? ¿Cómo operar con respecto al olvido, sobre todo en la fase de documentación del trabajo historiográfico ? ¿Quién debe encargarse de conservar y de difundir qué tipo de documento, para qué uso y usuario, y, bajo qué condiciones y fines, sean éstos culturales, científicos o comerciales ? En la era del Big Data y, de los métodos de almacenamiento de datos e información múltiple, la cuestión del olvido, como derecho o necesidad, se impone tanto a nivel colectivo como individual.

El olvido, ¿un medio de reconciliación colectiva ?

Una segunda línea de reflexión considera la dimensión activa del olvido como fuerza activa, concebida ésta, a su vez, como medio de pacificación para salir de un conflicto. ¿Hasta qué punto la amnesia, o el hecho de borrar cualquier participación institucional en un pasado comprometido, vergonzoso incluso, puede generar algo más que no sea el hacer caso omiso a un sentimiento de culpa o la huida de responsabilidades ? ¿El olvido puede ser catalizado a través de rupturas simbólicas, de elementos generadores de consenso o, por el contrario, ha de recurrirse a todo tipo de artimañas y mentiras ? ¿Finalmente, qué puede hacerse del perdón ? ¿Es necesario, o hasta consubstancial, al olvido ? Asimismo, ha de tenerse presente que los medios de comunicación siempre han desempeñado un papel muy importante entre la memoria electiva -o no-, y el olvido, argumentando y seleccionando siempre con mucha atención los acontecimientos históricos que se deseaba promover, acentuando o borrando aquellos aspectos que les interesaba.

El olvido, ¿una búsqueda de afirmación individual ?

Muchas de estas cuestiones siguen siendo válidas dentro de una tercera línea de reflexión, la cual se encuentra mucho más centrada en el individuo. En ella, podría explorarse, entre otras temáticas, la situación del olvido en la escritura de sí mismo, sea desde la vertiente de las memorias de vida, o más concretamente de todos los denominados ego-documentos.
En el caso del medio digital, el olvido llega a ser una reivindicación moral, dado que el derecho a su uso se sitúa en la interfaz localizada entre la vida privada y la vida pública. ¿Cómo las tecnologías de la información y de la comunicación transforman las condiciones de vida y las aspiraciones de los individuos en las sociedades contemporáneas ?

La revista Kairos fomenta la colaboración entre investigadores de diferentes disciplinas, así como la apertura a otros espacios francófonos, y sobre todo a los países anglosajones, germánicos e hispánicos, con especial atención a los análisis comparativos. A esta diversidad de campos de investigación, podría añadírsele el estudio de las especificidades propias de las (e)-diásporas, las cuales potencian las relaciones que se crean con el trascurso del tiempo histórico (Diminescu, 2012). La preservación del pasado, la reconciliación con el recuerdo o la afirmación del olvido, pueden, por consiguiente, tomar nuevos sentidos y desembocar en interrogantes nunca planteados hasta el momento.

Envío de propuesta de artículo. Normas de publicación

  • Las propuestas de artículo no deben exceder los 5.000 caracteres.
  • En el texto, se añadirá el título del artículo, el área a la que se pertenece, la problemática que aborda, la metodología adoptada y los principales resultados a los que se haya llegado.
  • Se permite la introducción en el texto de elementos gráficos, vídeos, imágenes, resultados de encuestas o transcripciones de entrevistas.
  • Cada propuesta de artículo debe estar acompañada de un breve resumen en francés, en el idioma del artículo, y en inglés, y de cinco palabras claves, así como del nombre y apellido, afiliación y direcciones electrónica de todos los autores.

Los envíos se harán por correo electrónico a los tres coordinadores del monográfico

  • georgia.gkouskou_giannakou[@]univ-bpclermont.fr
  • gregory.goudot[@]gmail.com
  • dana.martin[@]univ-bpclermont.fr

Se acusará recibo de las propuestas por correo electrónico.
Las propuestas de artículo se seleccionarán en función de los criterios de pertinencia científica y por su contribución al enfoque transdisciplinar del dossier temático.

Redacción del artículo

  • Si se selecciona la propuesta, la extensión final del artículo deberá estar comprendida entre 30.000 y 50.000 caracteres, espacios no incluidos (incluyéndose las notas al pie de página, pero no la bibliografía).
  • Pueden enviarse artículos escritos en francés, español, alemán e inglés.

Fechas importantes

  • Fecha límite de envío de las propuestas de artículos : 1 de mayo de 2014.
  • Notificación de aceptación o de rechazo : 1 de junio de 2014.
  • Envío de los artículos completos : 1 de septiembre de 2014.
  • Una vez aprobados, los artículos serán sometidos a evaluación en modalidad doble ciego por parte de dos miembros del Comité Científico.
  • Comunicación de la evaluación final a los autores : 1 de febrero de 2015.
  • Envío definitivo del artículo : 1 de abril de 2015.

Traductions : Julien Guillaumond (anglais), Dana Martin (allemand), Olivia Salmon-Monviola (espagnol)